[Election Présidentielle] Nos convictions pour le premier tour

Pour commencer cette newsletter, nous souhaitons dire toute notre solidarité aux familles et aux proches des policiers victimes, hier soir, de ce lâche attentat terroriste islamiste et remercier l’ensemble des forces de l’ordre, qui au péril de leurs vies, défendent notre sécurité et nos valeurs démocratiques. Ne tombons pas, sous le coup d’une légitime émotion, dans le piège tendu de la radicalité voulue et espérée par ces barbares.

Nous sommes à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle dont la campagne a pour le moins déboussolé nombreux d’entre vous. Notre Conseil politique qui s’est réuni durant cette période si importante a fait le choix de ne soutenir collectivement aucun des candidats, laissant à chacun de ses membres le choix de s’engager, à titre personnel, pour l’un d’entre eux.

Il est certain que la situation de notre pays méritait mieux en terme de débats : Les enjeux économiques, l’emploi, l’organisation territoriale, la santé, l’écologie, le vivre ensemble, la sécurité et la liste est encore longue… Aucun de ces sujets essentiels n’a été réellement et sereinement débattu, négligé au profit des affaires et révélations qui ont émaillé la campagne.

Nous qui militons, depuis notre création, pour une transparence de l’action publique, ne pouvons que nous féliciter que certains cadavres sortent des placards… Toutefois nous n’avons pas la naïveté de croire que seules les personnes mises en cause ont des comptes à rendre. Notre système politique est si profondément malade et gangréné que l’avenir nous semble difficilement pouvoir être porté par des candidat(e)s englué(e)s dans des rapports de connivence avec de nombreux groupes d’intérêts.

Face à ce constat, beaucoup se diront qu’il vaut mieux aller à la pêche dimanche prochain. Nous ne le pensons pas et ce pour quatre raisons essentielles :

- premièrement, le droit de vote est une liberté individuelle et collective fondamentale, liberté chèrement acquise par ceux qui nous ont précédés et qui malheureusement est de plus en plus bafouée dans le monde. Aller voter, c’est défendre ce droit fondamental.

- deuxièmement, parce que, voter c’est participer à l’exercice de la démocratie et c’est peser sur l’avenir des choses. L’abstentionniste, à nos yeux, compromet son droit moral à récriminer… Si rien de ce qui nous est proposé ne vous convient, une solution nous paraît bien meilleure. Quand bien même sa légitimité n’est pas encore reconnue.Aller voter, c’est aussi possiblement mettre un bulletin blanc dans l’urne.

- troisièmement, dans cette élection, tous les candidats n’ont pas la même conception de l’Europe ni la même vision d’avenir quant à la position de la France en son sein. L’Union européenne est certes très imparfaite. Son évolution doit en particulier l’amener à devenir plus proche des peuples et moins des lobbies qui hantent les couloirs des institutions de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe. N’oublions cependant pas, tout ce que nous devons, depuis soixante ans, à la construction de l’Europe et à ses avancées. En premier lieu une paix durable et un équilibre économique relatif pour notre vieux continent. Aller voter, c’est aussi croire en un avenir et un projet européen.

- quatrièmement, il est essentiel de combattre sans relâche les idées extrémistes, celles qui cherchent des boucs émissaires et veulent un repli identitaire, comme celles qui par un raisonnement, vieux comme la lutte des classes, veulent nous faire retourner vers le 19ème siècle alors que nous entrons de plain-pied dans le 21ème. Aller voter, c’est aussi faire barrage aux extrêmes !

Notre coup de gueule va aux plus de 20 000 élus qui n’ont pas usé de leur pouvoir de parrainage, cherchant à se dédouaner de leur caution du système mais dans les fait soutenant l’ordre établi. Nous pensons qu’ils auraient pu apporter leurs soutiens à des mouvances citoyennes afin qu’elles puissent s’exprimer et proposer au corps électoral un projet novateur bâti sur des tendances qui émergent de plus en plus largement, au sein de la société civile.

Cela en dit long sur les blocages de notre société et montre combien le chemin est encore long pour faire émerger des solutions politiques résolument nouvelles.

Meilleures salutations républicaines et bon vote,

Les membres du bureau RpN