Le grand bazar Territorial

Le grand bazar territorial qui est en train de se mettre en place est, à tous les égards, la démonstration que les forces politiques en place n’ont rien compris au désaveu croissant de l’opinion. Avec un cynisme et un opportunisme sans nom, elles sont en train de bafouer toutes les promesses faites aux Franciliens.



Tout d’abord, cette pseudo-réforme bafoue le respect même de notre démocratie. En effet, lors des élections municipales de mars 2014, le législateur a bien prévu que les conseillers communautaires seraient élus au suffrage universel. A peine un an plus tard, les communautés d’agglomération disparaissent au profit d’établissements publics territoriaux avec pour conséquence que les déjà faméliques forces d’oppositions locales soient vouées à totalement disparaître. Et tout cela par le seul fait du Prince.

Ensuite, les citoyens qui attendent un renouvellement des forces démocratiques sont réduits à regarder, effarés, des élus qui n’en finissent déjà plus de cumuler les mandats, se répartir sans  vergogne toutes les places. Jamais une telle concentration de pouvoirs ne s’est opérée  dans un tel  déni des aspirations des électeurs qui, à plus de 80%, sont totalement opposés au cumul des mandats.

Toujours plus fort : alors que les politiques ne cessent de parler d’égalité homme-femme, l’exécutif du T10* renommé Paris Est-Marne et bois est composé exclusivement… d’hommes. Un tel machisme a de quoi nous interroger. Et devinez qui est le roi de la fête ? Notre maire !

Et que dire de l’absence totale de transparence et de cohérence de cette réforme territoriale qui aboutit à la mise en place, pour la future métropole, de cinq échelons »: communes, établissements publics territoriaux, départements, métropole, région. On est bien loin de l’objectif de rationalisation des politiques publiques qui devrait permettre de faire des économies !
Nous sommes ainsi persuadés qu’au contraire, nous allons assister sous peu à une explosion des recrutements et des dépenses. Qui va encore payer pour ce grand bazar ? Nous, les contribuables.

Enfin, nous constatons tous que les difficultés des Franciliens pour se déplacer, pour se loger, pour trouver un travail n’ont jamais été aussi grandes. Et elles le sont plus encore dans le contexte sécuritaire qui est le nôtre depuis 2015. Nous sommes loin du sursaut politique que les Français attendent. Pire, nous nous en éloignons.