Lettre d’information spécial urbanisme Juin-Juillet 2016

Avant d’entrer dans le vif du sujet de cette newsletter, dédiée à l’urbanisme dans notre ville, nous souhaitons réagir au choix qu’ont fait les Britanniques de quitter l’Europe. En européistes convaincus, nous voyons là un mauvais signal pour l’Europe et surtout pour l’esprit qui a présidé à sa fondation. Nous devons impérativement continuer à combattre l’idéologie identitaire que promeuvent le Front national, le Front de gauche et consorts, en nous montrant à la fois encore plus vigilants et plus actifs, en particulier en France, qui est un des piliers de l’Europe.

Comme nous vous l’annoncions le mois dernier, cette newsletter de juin-juillet est donc spécialement consacrée à l’urbanisme et à la densification à marche forcée dont notre ville fait l’objet, sous l’action conjuguée des promoteurs immobiliers et de la majorité municipale.

Petit retour en arrière.
En février 2014, dans une démarche de « pseudo concertation », le Plan local d’urbanisme (PLU) est adopté par la majorité sortante. Nous sommes alors à un mois de l’échéance des municipales.
Pour mémoire, nous n’avions eu cesse, durant le mandat précédent, d’alerter nos concitoyens sur les risques prévisibles de densification et de dénaturation de notre cadre de vie. En conseil municipal, notre groupe avait d’ailleurs voté contre l’adoption du PLU en l’état et avait demandé au commissaire enquêteur de tenir compte de nos remarques et propositions.
lire notre requête

Aujourd’hui, un peu plus de deux ans après la mise en place de celui-ci et des nouvelles règles qui autorisent cette densification, tous les Nogentais prennent conscience de la réalité : de très nombreux projets, dopés par un PLU outrageusement permissif, s’attaquent à tous nos quartiers, qu’ils soient pavillonnaires (les Viselets) ou ultra denses (quartier Plaisance). Nous y reviendrons.

Les slogans bucoliques de communicants bougrement imaginatifs – « Un PLU patrimonial dans un esprit village » pour exemple- prêteraient à sourire si le sujet n’était pas aussi sérieux : c’est de l’avenir de notre ville dont il s’agit, et il est menacé. Aujourd’hui donc, c’est face à la réalité que de plus en plus nombreux riverains et habitants de nos quartiers sont confrontés.

Et ce n’est pas la procédure de révision du PLU actuellement en cours, destinée à modifier, ici et là, quelques limites de zones pour permettre la réalisation de projets voulus par la municipalité ou à donner quelques gages  à des riverains et des associations, qui va, globalement, en atténuer les effets.

Dans le même temps, il semble que toutes les forces politiques d’opposition représentées au conseil municipal soient totalement absentes du débat public sur le sujet. Pourquoi un tel silence ?
Peut-être traduit-il une approbation tacite de ceux qui en faisaient leur cheval de bataille il n’y a pas si longtemps, et qui, une fois élus, sont tombés de leurs montures ? Leurs électeurs apprécieront.

Même le sujet de la quotité de logements sociaux, chère aux élus de gauche, est éludé.
Malgré les nouveaux projets, notre ville est à la traîne en la matière.

Depuis plus d’une décennie, sa part de logements sociaux stagne autour de 11%, soit en-deçà du niveau légal en vigueur. De plus, celui-ci pourrait passer de 25 à 30 % prochainement. Ce retard la contraint à payer chaque année une pénalité de plus en plus  élevée (+ de 600 000 euros en 2016), ce qui génère un surcoût pour le budget de fonctionnement de la Ville… qui se traduit par une augmentation de nos impôts locaux.
lire l’article du Parisien du 29 décembre 2015

En outre, certains des projets de logements sociaux, bien qu’annoncés depuis longtemps, sont encore à l’arrêt, du fait d’une mauvaise gestion des dossiers. La  négociation à la Pyrrhus entre l’Etat, le Département et la Ville qui a abouti à la signature d’un contrat de bail emphytéotique en 2009 en est le parfait exemple. Ainsi, après que la ville est cédée dans des conditions tout à fait défavorables, voire scandaleuses, les près de 1200 logements de notre parc HLM à Valophis, ce bailleur social entend concentrer à l’arrière de la barre d’immeubles du 123 bd de Strasbourg, sur le parking, la construction de nouveaux logements sociaux. Et ce, bien que locataires et riverains aient non seulement déjà fait connaître leur opposition à ce projet, mais obtenu son annulation en 2011. Vous l’avez compris, à Nogent, c’est la loi du plus fort qui a cours. Et le projet est de nouveau d’actualité… Un vrai serpent de mer !
Voir le projet

Les associations de défense de votre cadre de vie ont une stratégie d’intervention sur laquelle nous restons réservés. Certes, nous sommes d’accord sur les formes d’action choisies par l’Association des Nogentais (ADN) pour tenter d’infléchir certains projets quand la contestation des riverains est justifiée, mais nous ne comprenons pas son absence de positionnement sur la politique de densification généralisée imposée par la municipalité.

La prochaine échéance électorale municipale n’interviendra pas avant 2020… Imaginez les dégâts sur notre environnement… Sachant que les octrois de permis de construire à ces promoteurs insatiables sont d’autant plus tentants qu’ils sont générateurs de taxes d’urbanisme, opportunes quand la municipalité veut rééquilibrer les finances locales… un temps. Oui, un temps seulement car, vous vous en doutez, la  construction d’immeubles neufs nécessite la mise à niveau continue des infrastructures et l’arrivée de nombreux Nogentais s’accompagne inévitablement de besoins nouveaux en services.

Eût égard au statu quo sur ce sujet-clé de l’urbanisme, notre groupe politique a décidé d’affirmer sa position via différentes communications et propositions (voir nos propositions lors de la dernière campagne des municipales).

Nous appelons donc tous ceux qui s’opposent à se voir imposer un cadre de vie dont ils ne veulent pas à nous soutenir dans ces actions, qui doivent être menées avec détermination.

Aussi allons-nous lancer à la rentrée une vaste consultation auprès de toutes les personnes résidant à Nogent afin de permettre l’émergence d’un front citoyen contre l’urbanisation à marche forcée de notre ville et de notre territoire.

Nous avons besoin de vous. Surtout, faites-nous part de vos remarques, de vos propositions.

Et n’hésitez pas à diffuser autour de vous notre newsletter…